Résidence Pina Wood

par isabelle / Les résidences d'artistes

En résidence arts de la rue du 3 au 16 octobre 2022 à la Bibliothèque Armand Gatti, La Seyne-sur-Mer

Artiste polymorphe, Pina Wood collabore avec différentes équipes en qualité de dramaturge, de directrice d’acteur.ice, de performeuse ou encore de voix off, notamment sur des projets de territoire qui impliquent le public dans le processus de création. Ses thèmes de prédilection tournent autour de la question de l’identité, du rapport entre le corps, les mots et la matière, du lien entre théâtralité, performativité et rituel.  


Lune Noire en Crabe, 8clos avec mes ancêtres

 

À 33 ans, Pina ne connaissait ni le nom du village où avait grandi sa mère, ni l’odeur des arbres qui bordaient la route empruntée chaque matin par sa grand-mère. Pina est métisse, née à Douala. Elle a grandi en guerre contre le syndrome de Stockholm de sa mère. Elle disait « non, je ne suis pas noire », comme si ce fut un problème de concevoir une syntaxe acceptant l’affirmation : « oui, je suis noire et blanche ». La croyance chez elle, c’était le fait de baisser la tête face à ses origines pour garantir la paix. L’intégration était synonyme de déni de soi-même. Un « bon » noir est un noir discret et joyeux, comme Mc Solaar. Elle disait « chez nous c’est où on va, pas là d’où on vient ».

Tatiana et sa mère avançaient toutes deux, l’arc et les cornes en avant, mode cardinal, flamboyantes, foulant leurs propres larmes, recouvrant le bruit des déchirures de leurs chair(e)s avec des cris repoussant l’hallali, vêtues de jean et de cuir sans bariolage, aucun. À cette époque, Tatiana n’avait encore jamais rien lu de la poétesse militante féministe et engagée : Audre Lorde.

Avec ce nouveau projet, Pina Wood s’associe à Tatiana Bertaud, costumière, pour plonger dans leurs origines et interroger les différentes formes de croyances en Europe et en Occident.