"Le Fils" - Cie d’Âmes à Palabres

par admin / Les résidences d'artistes

La compagnie d'Âmes à Palabres est reçue en résidence au PÔLE du 26 aoûT au 6 septembre 2019.

"Le Fils" est une pièce en deux actes où se mêlent vidéo, lumière et musique, sans découpage de scènes particulier et qui raconte le destin de Cathy : étudiante, pharmacienne, femme de…(Philippe, pharmacien) et mère. Ses enfants sont grands, sa vie est tranquille... jusqu'à sa rencontre avec des catholiques traditionalistes. Elle sort plus souvent, se rend assidûment à la messe, retrouve une vie sociale, lutte contre des spectacles jugés blasphématoire, s'engage dans des groupes anti-avortement ou anti-mariage homo. "Le Fils" soulève la question de la parentalité, la difficulté à être le meilleur parent possible, déterminant dans l'avenir et les orientations de ses enfants. Il raconte la pression sociale, le désir de s'élever dans la société, d'appartenir à une classe supérieure afin d'avoir du pouvoir et d'influencer la vie de nos concitoyens.

Enfin "Le Fils" raconte la difficulté d'une vie, celle d'une femme dont l'existence consacrée à faire partie de l'élite est un échec car elle est responsable de ce que deviennent ses enfants, de par l'éducation qu'elle leur a donnée, les valeurs qui lui ont été transmises et qu'elle transmet tour à tour, sans jamais les remettre en cause. *

 

La cie D’ames à Palabres est créée en 2017 par Hélène Megy et Sophia Johnson. Menées par un désir commun de créer et d’origines africaines communes, elles détournent l’image de l’arbre à palabre, lieu où les hommes africains se rejoignent pour parler et prendre des décisions, et créent leur espace de parole. Fortes de diverses expériences, Sophia exprime ici une certaine velléité de mise en scène, là ou Hélène préfèrera le plateau et le texte. On leur a posé quelques questions pour découvrir de plus près leur nouvelle création :

 

Quelles sont les étapes de travail lors de cette résidence ?

 

Sophia : Il y a eu un temps de travail à la table ensemble en amont, sur le texte la voix et les intentions car c’est un texte particulier  puisqu’Hélène est seule au plateau et qu’elle incarne trois personnes : Hélène, Cathy  et Cathy qui parle d’elle à la troisième personne. Le travail ici et donc d’identifier et de bien définir cela. On avait donc besoin d’être en technique à présent.

Nous n’avons pas de dates butoir donc on est dans le timing mais on aimerait tout de même que le spectacle soit près en 2020.

 

Quelle est la structure de la pièce ?

 

C’est un espace intime avec des draps et un fauteuil au centre de la scène, c’est un espace d’introspection puisque le moment où Cathy parle c’est le moment où elle vient de perdre son fils.

C’est un sas qui permet au spectateur d’imaginer ce qu’il veut et de définir son espace même si nous on sait quel est ce lieu.

 

Vous abordez les thèmes de la religion et de la parentalité, pourquoi l’extrémisme dans  la religion chrétienne précisément ?

 

Hélène : La religion est un prétexte et ça pourrait être n’importe laquelle. On parle vraiment du parcours de cette femme et d’un glissement idéologique qui se fait en douceur mais on relève le fait que ces glissements ne se font pas que dans la religion musulmane par exemple. C’est aussi une façon de montrer que les guerres partent souvent de religion.

Sophia : Le personnage se remplit de cette religion parce qu’il y avait un terrain propice à savoir la foi mais surtout le vide de cette femme. Le thème de la parentalité est abordé parce qu’elle se raconte comme mère  et qu’elle parle de ses enfants. Elle est aussi féministe, puisqu’elle prend des décisions se réalise et s’épanouit en tant que femme seule .

Hélène : C’est une métamorphose à tous les niveaux : en tant que mère, femme, citoyenne et en tant que pratiquante.

 

Le fait d’être maman a-t-il influencé le jeu ou le texte ?

 

Hélène : Oui car il y a des trucs inscrits dans ta chair, il y a certains mots qui résonnent et ça te fait te poser des questions sur la mère que tu es et que tu es amenée à être.

Sophia : oui cela fait écho et on a ce bagage parce qu’on se pose la question de savoir si on est un bon parent. Mais dans le travail je ne vais pas vers les blessures ouvertes ni sur ce qu’il se passe à la maison. Donc je ne demande pas à Hélène d’utiliser ça, c’est elle qui va chercher en elle-même avec ses propres sentiments.

Quelle est  la suite après  cette résidence ?

 

A partir du 21 octobre, on sera au théâtre Marélios à La valette-du-var, donc on a un laps de temps pour faire murir le travail et modifier ou apporter de nouvelles choses. On espère donc être prêtes pour 2020

 

Sortie de résidence le jeudi 21 novembre à 19h30 au Pôle - Le Revest-les-Eaux