Résidence Cie Graff'ein

par aurelie / Les résidences d'artistes

En résidence d'écriture Arts de la rue du 21 février au 4 mars 2022 à la Bibliothèque Armand Gatti, La Seyne-sur-Mer

Graff’ein n’est pas qu’un mot imaginaire. Il est la racine des mots qui laisse des marques inscrites dans la mémoire. Il est l’outil qui laisse l’empreinte d’un moment que nous avons vécu ensemble, d’une image qui reste. Graff’ein résonne comme une entaille faite dans la roche, par les premiers hommes qui ont cherché leur mot qui pourraient être gravés aujourd’hui dans le bitume foulé par nos pas. 

 

La cie fraff’ein est née en 2019 sous l’impulsion de Lola Legouest. Ses recherches artistiques vont vers un théâtre plastique où le vivant se mêle à la matière afin de créer une forme spectaculaire aux multiples visages, porteur d’un récit proche du réel. Au bout du bord est la première création de la compagnie.


AU BOUT DU BORD

Je m’interroge aujourd’hui à travers cette maladie, appelée Burn out, sur la notion d’épuisement au travail. J’aimerais poser des mots sur ce besoin d’utilité, d’efficacité, qui mène jusqu’au dépassement de nos propres limites. Que reste-t-il après avoir dépassé cette ligne ?lorsque notre volonté s’effrite, que le corps ne suit plus. Pour ce faire, j'ai choisi le prisme de récits qui ne m'appartiennent pas. Au bout du bord part d’une matière documentaire d’interviews sonores, de personnes victimes ou témoins de cette maladie, que j’ai pu collecter lors de recherches. Au bout du bord pose un regard sur le Burn out qui vient de ceux et celles qui l’ont vécu. Leurs choix, leurs questionnements, l’impact de la maladie sur leur quotidien, les sensations qui les ont traversés, les doutes, mais aussi leur incroyable capacité de résilience. De ces récits de vies, est née l’envie de créer une fiction. Ou plutôt un spectacle à mi-chemin entre fiction et documentaire. Avec comme lien dramaturgique, un comédien. Il sera le guide, le passeur, le témoin, le conteur. C’est un solo plastique que je souhaite créer pour raconter la maladie. Je me suis mis à imaginer une installation vivante remplie de voix, de témoignages, de récits intimes. Un spectacle polymorphe créant la rencontre entre textes, corps et matière plastique